C'était une journée comme une autre en 2008 à Shanghai, entre les bruits de la ville et les sourires de mon bébé de 9 mois, quand le téléphone a sonné.
Mon cœur s'est serré.
Mon grand-père venait de nous quitter.
Dans le tourbillon de l'émotion, je savais qu'il fallait rentrer à Nice, et vite.
Heureusement, l'assurance avait tout prévu. Mon conjoint a appelé, car en larmes, je ne pouvais expliquer la situation.
En quelques minutes, tout était arrangé. On aurait dit que j'étais la seule personne qui comptait pour eux. Le vol, les transferts, même les repas spéciaux pour mon bébé, tout était pris en charge. Un véritable miracle logistique, géré par le correspondant de la Maif sur place.
Le lendemain dès l'aube, nous étions prêts à partir, un taxi m'attendait devant chez moi. Entre les valises, les biberons et mon bébé qui regardait tout ce remue-ménage avec de grands yeux curieux, j'ai oublié l'essentiel : le doudou. Ce petit bout de tissu, complice de chaque nuit et de chaque pleur, était resté là-bas, à Shanghai. Le drame ! Je me voyais déjà passer le vol le plus long de ma vie- 15h !- avec un bébé inconsolable.
Le vol a été un rêve (ou presque) dans le tumulte. Le taxi nous a mené à l'aéroport à l'heure et le vol était réservé. J'ai enfin pu respirer un peu, Erwan aussi et le reste du vol s'est déroulé sans encombre.
À notre arrivée à Nice, fatigués mais soulagés, une voiture nous attendait. Je n'avais qu'à suivre le chauffeur, qui s'est chargé de tout, des valises jusqu'à la porte de l'hotel le plus proche du lieu de crémation. Mon grand-père aurait été fier. Fier de savoir que même dans ces moments-là, tout avait été si bien organisé, lui qui avait pour diction "une place pour chaque chose, chaque chose à sa place !".
Quelques jours plus tard, un colis est arrivé : le fameux doudou de Shanghai. Comme quoi, rien n'est impossible avec une bonne assurance ! Mon bébé a retrouvé son vieil ami, et moi, j'ai retrouvé un peu de sérénité.
Alors, oui, perdre un grand-père c'est dur, mais cette aventure m'a montré qu'il y a toujours des anges gardiens, même au bout du fil. Et maintenant, à chaque fois que je vois ce doudou qui a bien vieilli, je souris en pensant à ce voyage si bien orchestré, avec une touche de magie et beaucoup d'amour.