C'était à la veille de Noël 1995. Nous avions acquis avec mon amie (assurée filia-Maïf à l’époque) un nouveau véhicule : une 205 Peugeot de couleur blanche racheté à une personne âgée qui l’avait bien conservé et entretenu soigneusement dans son garage. Le véhicule n’attendait que nous : ce jeune couple trentenaire heureux de vivre et d’envisager de belles balades à bord de cette nouvelle auto ! Sur l’invitation de mon beau-frère Guide de Haute Montagne nous avions accepté d'aller fêter Noêl dans les Alpes en début de saison. Il pleuvait ce jour-là et le trafic dense du début des vacances scolaires avait surchargé l’autoroute A6. Nous n'avions fait que 150 kms, en quelques heures seulement et continuions et rouler au pas. Pris dans une monotonie et une lassitude derrière mon volant je fus soudainement happé par le visage rayonnant et jovial de mon amie baigné par le soleil d’hiver qui la rendait incandescente. Comme aimanté par elle attiré et très épris je perdis le sens des réalités quelques secondes en la regardant amoureusement et lorsque je remis mon regard face à la route il était trop tard, le véhicule devant nous était trop proche pour que je puisse freiner sans une collision frontale, je décidai de l'éviter en donnant un grand coup de volant par sa gauche mais la route glissante me fit perdre le contrôle, je failli redresser les roues mais au dernier moment je perdis irrémédiablement le contrôle du véhicule. Le volant ne répondait plus, j’avais beau le tourner dans tous les sens je ne contrôlais plus rien et je vis mes gestes complètement au ralenti comme pris dans une autre dimension, un tourbillon au ralenti. Lorsque mon esprit me libéra de de son réflexe de « mis en danger » et que je revins à la vitesse normale je me retrouvais au beau milieu de la chaussée et devant un véhicule que je ne pût éviter en l’embouteillant violemment, un autre me percuta par l’arrière mais sans dommage corporels. Je réussis tant bien que mal à stopper le véhicule d’un coup sec sur un des côtés de la rambarde de sécurité, je repris rapidement mes esprits et mon amie me serra si fort qu’elle failli m’étrangler, elle était si heureuse de me voir en vie que j’en garde encore une émotion toute contenue. En sortant du véhicule je vis toute notre cargaison de victuailles et d’équipements de ski étalés sur la chaussée : des pots de confitures, des paires de ski et après-ski, cartes routières, chocolat, foie gras et autres brioches et conserves qui jonchaient sur la chaussée. Je fus effaré de découvrir la carcasse de notre jolie 205 complètement hors d’usage. Un camion de la sécurité routière l’embarqua à l’arrière en direction d’un garage et nous déposa au passage dans un local pour nous remettre de nos émotions en attendant notre rapatriement. La Maïf nous affréta un taxi qui nous ramena à Paris beaucoup plus rapidement qu’à l’aller et dans un silence monastique. Nous restâmes blottis l’un contre l’autre à l’arrière de ce taxi qui nous sembla immense. Pour conjurer le mauvais sort et remercier les cieux d’en être sortis indemnes et après seulement avoir rassuré notre famille nous nous offrîmes un très bon restaurant et célébrions la vie et notre jeunesse préservée ! Les jours qui suivirent la Maîf nous remboursa entièrement notre véhicule de sa valeur cotée, 17000 francs de l’époque qui nous permit d’en acquérir un autre quelques mois plus tard. Je n’ai jamais oublié ce geste humain et généreux de la Maïf et j’y suis resté fidèle car c’est ce que l’on peut attendre d’un assurance humain et militant en cas de coup dur !
Hassene Belaïd,
Sociétaire Maïf depuis une bonne trentaine d’années !