Lorsque j’étais enfant, j’avais UNE idole, c’était Renée Mery.
Tu ne connais pas ?
Je comprends
A 8 ans, j’ai découvert les tout premiers « 100 idées » et suis devenue complètement fan* de ce magazine.
(*On ne disait pas « addict »)
C’était un magazine enthousiaste, celui de toute une génération qui voulait «repenser sa vie».
(Mes parents avaient repensé la leur, ma mère était partie et mon père construisait son bateau).
« 100 idées » invitait à inventer, à récupérer, à détourner.
Loin de tout diktat.
Ce magazine prônait:
le do-it-yourself.
le voyage,
le savoir-faire,
la quête d’authenticité,
l’envie de retour à la terre...
la fantaisie dans le quotidien (façon flower-power)
les choses simples.
J’étais attirée par l’enthousiasme, la gaieté, la créativité, l’esprit novateur et poétique.
Renée Méry, mon idole d’alors, rédigeait les explications contenues le carnet central.
Je lisais et relisais ses explications, j’étudiais tous les schémas, j’imaginais, j'essayais, je me plantais et je recommençais.
Maintenant, on dirait sans doute que c’était très mal expliqué et c’est un peu vrai.
Mais, c’est justement ce que j’aimais: les manques.
Ces vides étaient mes espaces de création, de ré-invention, d’imagination.
Je n'avais qu'une envie: devenir 𝗥𝗲𝗻𝗲́𝗲 𝗠𝗲́𝗿𝘆.
Alors, j’ai bossé, bossé, en plus "du reste".
Quand j’ai commencé à maîtriser, j’ai contacté les magazines couture et DIY.
(« 100 idées » n’existait plus.)
Aucune réponse.
Alors, j’ai décidé de viser l’excellence. (Il n'y avait pas Internet, faire remarquer son travail, c’était … différent).
J’ai appris d’autres choses :
à manier les mots, à choisir le mot juste,
à rédiger tous azimuts,
à dessiner des schémas, des plans.
à enseigner aussi, à encourager, à prendre en compte qui est l’autre et où il en est.
J’ai aussi appris à jongler avec plusieurs métiers, avec plusieurs vies (mère de famille nombreuse, oui 4 enfants, infirmière puis maîtresse d'école...)
Alors que j’avais cessé d’y croire, (finalement, ce n’était plus très important),
en 2003, un magazine m’a contactée pour une collaboration (mon travail avait attiré l’attention de la rédaction lors d’un salon) et puis une éditrice pour collaboration longue durée avec un nouveau magazine qui regroupait tout ce que j’aimais: créer avec une intention, décliner, écrire, représenter, expliquer, … pour partager et transmettre.
Depuis, la publication de ce magazine a été remplacée par d’autres et je n’ai jamais cessé de collaborer avec la presse.
Dernièrement, j'ai été reconnue Maître-Artisan Styliste-Modéliste par la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de Nouvelle Aquitaine.
Sans que ma vie soit extraordinaire, tous mes rêves d'enfant ont pris une forme de réalité et je ne peux qu'inciter chacun, chacune, à poursuivre les siens.