Bien que datant d'une trentaine d'années ce souvenir n'a pas pris pour moi la moindre ride.
Mais, allons vite à l'essentiel : les faits et les actes !
A l'époque j'avais 45 ans.
Mariée à un homme passionné de haute montagne.
Et en ce dimanche soir de mai 1995, la triste, la terrible nouvelle. Me laissant désemparée : sa chute sur les cimes du Pic Palas suivi de son décès lors de son transport en hélicoptère
Sur le coup, tout s'anéantissait avec lui : sa vie bien sûr, notre amour, ma solitude soudaine, sans emploi, avec deux enfants en bas âge.
Et les abysses de mon chagrin !
Dès le lundi ma belle soeur m'a accompagnée à la Délégation Maif de Pau.
Une jeune responsable, récemment en poste nous a très aimablement reçues.
Vous n'ignorez pas chers amis mutualistes, combien l'accueil et l'empathie peuvent être déterminants en des moments aussi cruciaux !
D'autant que je me trouvais avec tant de difficultés à surmonter : la première étant peut-être la culpabilité de l'avoir laissé partir seul réaliser ce trail dangereux.Mais mon mari était ainsi compétiteur et jusqu'au-boutiste !
Cependant, j'ai découvert, grâce à la responsable paloise, qu'il était aussi un homme prévoyant pour sa famille.
Ainsi avait-il souscrit un mois auparavant, un contrat Rassurcap et pour lequel il avait envoyé le bulletin de souscription directement à Niort.
Mais, hélas, il avait omis de signer le document avant de l'envoyer.
A cette lecture, vous comprendrez déjà toutes et tous les conséquences défavorables qui en découlaient : bulletin en instance sans valeur contractuelle, au risque de nullité.
Aprés avoir appelé sur le champ Parnasse Maif, la responsable de la délégation n'a pu que me confirmer les réserves précédentes.
Toutefois, animée d'une attitude à la fois militante et humaniste, la jeune femme a repris le téléphone devant moi :
- Allo ? Monsieur le Correspondant Départemental ? Oui ici Mme J... responsable contrats, puis je vous exposer la situation de l'épouse de notre sociétaire confrontée à une situation dramatique dont elle n'est pas responsable ?
(explications, argumentaires, persuasion, émotion dans le ton....).
Pourrait-on Monsieur à titre exceptionnel et dérogatoire accepter de valider la souscription du contrat Rassurcap malgré l'absence de signature de notre sociétaire?
Aprés quelques minutes, interminables pour moi, la responsable est revenue me chercher en zone d'attente et m'a invitée à revenir dans son bureau.
- Bonne nouvelle Madame.. Nous acceptions de valider la souscription du contrat Rassurcap à la date fixée par votre époux. Par conséquent, vous allez percevoir le capital en intégralité.
J'avoue me souvenir encore des impacts bienfaisants produits sur moi,par une telle phrase:
* Celui du résultat obtenu bien entendu,
* Mais également celui du bien être ressenti dans l'expression de ce "Nous" solidaire. Surtout dans un instant de tel désarroi personnel.
Et, enfin, cette conviction, qui me fait, encore aujourd'hui, demeurer sociétaire :
Ici les actes sont en cohérence avec les paroles !