La pendule au mur, vieille et un peu grimaçante, N'avait pas vu d'horloger depuis cent ans.
Elle affichait minuit... ou peut-être midi,
Un vague entre-deux que seul l'araignée comprend.
Mais l'heure d'hiver est arrivée, sournoise,
Une heure en plus pour dormir, quel beau cadeau ! Sauf que la pendule, bien sûr, ne recule pas,
Elle est restée bloquée à côté des rideaux.
A l'intérieur, c'est un musée, une forêt vierge,
Où l'aiguille se bat contre la rouille et le temps.
Et l'araignée du coin, très méticuleusement,
A tissé sa toile en guise de cadran.
"Monsieur le temps," dit-elle, l'air suffisant,
"J'ai pris ma place ici, c'est mon domaine.
Le changement d'heure ? Quelle humaine fumisterie,
Moi je vis au rythme de la mouche qui traîne !"
Le maître de maison, un peu désemparé
Regarde l'horloge d'un air contrit :
"Si je la règle à l'heure, je vais tout déranger,
Et l'araignée va m'accuser de vandalisme, c'est écrit !"
Alors il a laissé le temps dans sa prison,
La pendule et l'araignée dans leur trêve secrète.
Et pour savoir l'heure, il regarde la saison,
Le soleil, et son réveil... qui, lui, a perdu la tête !
L'hiver venu, tout est permis,
Même aux vieilles pendules d'être pleines de toiles,
Car après tout, une heure en plus, ou une heure en moins,
C'est juste un prétexte pour écrire quelques sornettes !
Bon dimanche
B9